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Méthode de rédaction d'une question d'interprétation philosophique

Auteur
Yann Lebatard
Professeur de philosophie
Sommaire
- Cet article fait partie d'une série.

Critères d’évaluation
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Pour réussir cet exercice, il faut avoir en tête que les correcteurs tiennent compte de 4 critères :

  1. Qualité de l’expression écrite = qualité de l’orthographe, de la conjugaison, de la grammaire et du style.
  2. Qualité des définitions des concepts utilisés dans la réponse à la question posée. Deux cas de figure, soit les concepts sont dans la question et dans ce cas il faut tous les clarifier, soit vous avez besoin de concepts supplémentaires dans votre réponse, et là encore, il faut les clarifier. Ce critère correspond au premier acte de l’intelligence que la tradition appelle la simple appréhension, qui désigne notre capacité à comprendre le sens des mots utilisés. Cela revient à être capable de définir les concepts de manière claire et distincte.
  3. Qualité des jugements émis sur ce que dit le texte. Cela revient à repérer les affirmations et les négations présentes dans le texte. Trahir le texte vous pénalisera.
  4. Qualité de la mise en évidence de la démonstration à l’œuvre dans le texte ainsi que la qualité de la démonstration qui structure votre réponse.

Travail préparatoire
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  • Lire attentivement le texte ;
  • Repérer les concepts de la question posée ;
  • Au fur et à mesure de votre réponse à la question, clarifier au brouillon les concepts que vous utilisez pour votre réponse.

Rédaction
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  • Faire une brève introduction qui présente rapidement le texte et les principaux concepts utiles pour la réponse à la question : plus précisément les concepts présents dans la question.
  • Dans le développement prévoir un paragraphe par concept interrogé présent dans la question.
  • Puis répondre à la question en clarifiant les concepts supplémentaires utiles à la réponse.
  • Faire une brève conclusion qui résume votre réponse.
  • Pour faire un paragraphe, il est bon d’abord de formuler la définition ou le jugement concerné, puis de l’expliquer et enfin de prendre un exemple, soit dans le texte, soit dans l’histoire ou la vie actuelle. En abrégé, pour mémoriser, on peut dire qu’il ne faut jamais sortir sans ses FÉEs quand on rédige en philosophie. F pour Formuler, É pour expliquer, E pour exemple.

Question du public
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Est-ce qu’il faut remettre la définition des concepts à la fois dans l’introduction et dans le développement ?
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Dans l’introduction on ne donne que la formule de la définition. Dans le développement on redonne la formule, on l’explique et on prend un exemple. La définition, c’est une phrase qui comporte au minimum, un sujet, un verbe et un prédicat. L’explication consiste à définir le sujet utilisé et le prédicat.

Correction par rapport au texte donné en exemple, p. 399 de L’esprit des lois de Montesquieu
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La question posée comme exemple d’épreuve est la suivante : Qu’est-ce qui distingue l’esclavage dans un gouvernement modéré de l’esclavage dans un gouvernement despotique ?

Les définitions des concepts
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On ne donne que la définition valable dans le texte et le contexte donné.

Premier concept : distinguer
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  • Formulation : distinguer consiste à être capable de donner les points communs qui existent entre deux choses (ou plusieurs) et de clarifier ce qui spécifie chacune des choses par rapport aux autres.
  • Explication : les points communs sont les choses qui sont partagées par les objets de la distinction. Les points spécifiques sont les choses qui n’appartiennent qu’à l’un des objets de la distinction.
  • Exemple : dans le texte donné donné, Montesquieu différencie la liberté civile de la liberté politique. Point commun entre les deux, il s’agit à chaque fois de la liberté. Différences spécifiques, la liberté civile concerne la vie concrète en société, la liberté politique désigne le rapport qu’entretiennent les citoyens avec l’État.
  • Au « propre » cela donnerait donc :

Distinguer consiste à être capable de donner les points communs qui existent entre deux choses (ou plusieurs) et de clarifier ce qui spécifie chacune des choses par rapport aux autres. Les points communs sont les choses qui sont partagées par les objets de la distinction. Les points spécifiques sont les choses qui n’appartiennent qu’à l’un des objets de la distinction. Par exemple, dans le texte donné, Montesquieu différencie « liberté civile » de « liberté politique ». Point commun entre les deux : il s’agit à chaque fois de la liberté. Différences spécifiques : la liberté civile concerne la vie concrète en société, la liberté politique désigne le rapport qu’entretiennent les citoyens avec l’État.

Deuxième concept : esclavage
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Un esclave, c’est une personne humaine qui a perdu sa liberté. Cela veut dire que l’esclave ne peut pas prendre ses décisions par lui-même, il doit obéir aux décisions de son maître. Il a perdu la possibilité de choisir par lui-même, c’est son maître qui choisit à sa place. Il est donc sous la domination de quelqu’un d’autre. Par exemple, dans la Rome antique l’esclave ne pouvait décider par lui-même de la personne avec qui il aurait des enfants, c’est son maître qui choisissait pour lui.

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